Histoires de famille

Je n’ai pas de renseignements sur ma famille...

Ceci pose déjà le problème d’un défaut de transmission dont il faut rechercher l’origine, de non-dits qui génèrent, entre autres, des problèmes de communication au sein de la famille et dans les réseaux relationnels extérieurs.

D’une façon générale, pour travailler sur son histoire familiale, il n’est pas nécessaire d’avoir fait des recherches généalogiques. Chacun vient avec ce qu’il a. le peu d’informations recueillies suffit pour situer ce qui est présent et pour débuter ce travail. Dans la plupart des cas, d’autres renseignements arrivent, parfois d’une façon surprenante , inopinée.
Ce qui est important c’est de comprendre qu’à partir du moment où l’on entreprend une démarche en psycho-généalogie, on active une mémoire qui traverse le temps, les époques, les évènements et peut surgir dans un souvenir jusqu’à ce que la conscience lui donne un sens.


Haut de page


Il y a des secrets très lourds dans ma famille, et cette charge plombe mes projets de vie

Effectivement, chaque famille a des secrets, plus ou moins lourds et plus ou moins cachés. Il est difficile pour les parents de "dire", de parler de situations, d'évènements qui pèsent sur leur conscience, dont ils ne sont pas fiers. Et ce qui motive principalement la rétention de paroles est la crainte d'être jugé par l'enfant et de perdre son estime.

pour l'enfant, la situation est pesante. Les cadavres dans le placard dégagent une odeur persistante qui empoisonnent l'atmosphère familiale. Les non dits, les attitudes incohérentes de la famille créent des relations compliquées, difficiles, douleureuses voire engendrent souvent de la violence.
l'espace transgénérationnel permet souvent de donner du sens meme si le secret n'est pas révélé. Il ne s'agit pas de trouver à tout prix le secret, mais de travailler en conscience sur ses effets et de sortir du poids et de la charge familiale liés au secret.


.

Haut de page


Je ne me sens pas appartenir à cette famille.

Cette question fréquemment posée sous des formes différentes, ramène au prolème de la place.
Il peut y avoir des places "oubliées", effacées ou exclues dans le système et ce sentiment de non appartenance peut povenir d'une identification à une place manquante.

Le sentiment d’appartenance représente l’ancrage indispensable à l’édification de la personnalité . Si l’appartenance est coupée, la personne se sent à la dérive, sans attaches. L’appartenance au groupe familial est directement lié à l’appartenance au groupe social : quelqu’un qui a du mal à trouver sa place dans sa famille, a des difficultés à s’insérer socialement.

Souvent des personnes cherchent à échapper à leur famille, comme si celle-ci représentait un danger, comme si l’histoire les marquait au point de ressentir une emprise sur leur propre vie. Dans ce cas, la famille ( à travers l’histoire familiale) les ramène constamment vers le passé les conduisant à répéter les mêmes scénarios.

Haut de page


Pourquoi suis-je arrivée dans cette famille ?

Quel est le projet familial, le projet parental conscient ou inconscient qui a présidé à la conception d’un enfant ?
Un événement familial (décès, mariage, divorce, naissance dans une autre branche …) le cadre social ou historique : les exemples ne manquent pas : cas fréquents de personnes qui sont nés pendant la guerre, lors d’une permission et dans l’incertitude du retour, l’enfant est conçu pour rappeler la présence de celui qui part. Il, (l’enfant) est la partie qui reste….

Pour trouver des réponses, il faut par exemple chercher du côté des dates ( état civil et évènements historiques) des prénoms, des places et comprendre les liens qui existent entre eux.

Cette question ramène au sens de sa naissance, à la place qui est faite à celui ou celle qui arrive (voir la fratrie ou les positions sur d’autres générations)

Haut de page


Que peut m’apporter la psycho-généalogie ?

Le dessin de l’arbre généalogique est indispensable pour comprendre l’ordre généalogique et visualiser sa position dans le système familial.

Dans la plupart des cas, le sujet se place tel qu’il se vit dans sa famille. La confusion au niveau des places est source de conflits, voire de violences intra-familiale.

Remettre de l’ordre, rétablir les positions au niveau de chaque génération est une façon de se séparer, de se distancer de l’histoire (et des histoires) de la famille, et c’est mettre en évidence les dysfonctionnements du système familial et leur incidence sur la trajectoire personnelle de chaque individu.

C’est aussi recontacter ce qui a été « oublié » : donc autant de parties de soi-même en sommeil. C’est pouvoir s’approprier des parcelles de vies « antérieures » pour enrichir sa vie intérieure.

Cette liste, bien sûr, n’est pas exhaustive. J’ai regroupé sous des questions générales quelques thèmes.

Dans la pratique, en stage ou en individuel, les questions se font plus précises, avec le désir pour chaque personne de lever le voile sur une partie de son histoire familiale et d’intégrer des situations anciennes, rendues présentes par un quotidien prisonnier du passé.

Haut de page



je renvoie à mon ouvrage : "L'expérience de lArbre" Editions Chiron pour éclairer les questions que chacun peut se poser au sujet de la psychogénéalogie.

Maureen BOIGEN