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Le Génosociogramme en psychogénalogie

Dernière mise à jour : 21 mars




Le génosociogramme, créé par les pionniers de la thérapie familiale (dont Grégory Bateson, l’école de Palo Alto…), est souvent utilisé dans le cadre d'entretiens en thérapie familiale. C’est la carte intérieure de nos représentations familiales et généalogiques dans la manière dont cette mémoire s’est inscrite dans notre construction psychique et physique (mémoires corporelles; mémoires utérines).


Le génosociogramme dans le cadre de la psychogénéalogie revêt d’autres fonctions :

  • Il permet d'effectuer un état des lieux de l’inconscient familial grâce au dessin tracé par le client et de situer les places de chacun telles que le sujet se les représente.

  • Il raconte l’histoire de la filiation : événements, prénoms, dates, métiers, ces « enchaînements » interpellent par rapport à la place que nous occupons et à l’orientation des choix que nous pensons avoir décidés pour notre vie. Les dysfonctionnements du système familial (deuils non faits, secrets, non-dits, exclusions, etc.) exercent une forte incidence sur la trajectoire personnelle de chaque individu et apparaissent dans le génosociogramme sous forme d’oublis, de ratures, de surcharges…

  • Décodage des informations identitaires (nom, prénoms, dates, évènements, lieux, métiers…)

  • Valeur thérapeutique de remise en ordre générationnelle


La confusion des places est fréquente lorsque l’enfant a dû prendre soin de ses parents précocement (parents malades physiquement ou psychiquement). C’est le cas de la fille qui se sent mère de sa mère, par exemple. La confusion au niveau des places est source de conflits, voire de violence intra-familiale. Remettre de l’ordre, rétablir les positions au niveau de chaque génération permet de se séparer, de se distancer de l’histoire (et des histoires) de la famille, et de reprendre sa juste place.


Ce fut le cas pour Patricia, née après une sœur décédée, et dont la mère elle-même était enfant de remplacement d’un frère aîné, mort avant sa naissance. Le génosociogramme lui a permis de poser les places de ces enfants « oubliés », de parler de l’impact dans l’histoire familiale de ces traumatismes et de prendre une juste distance pour exister à sa place.


Se réapproprier des parcelles de vies « antérieures » contribue à enrichir sa vie intérieure et à devenir disponible pour rencontrer l’extérieur sous d’autres aspects. C’est un processus libérateur qui ramène chacun dans sa propre place et offre de multiples ouvertures vers le futur à partir de ce qui est contacté dans le présent des histoires passées. Les effets se font sentir sur l’entourage proche et surtout les enfants qui profitent avec soulagement des charges redistribuées à leurs expéditeurs.


Maureen Boigen@tous droits réservés.

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